L’octocrylène

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Composé organique synthétisé en laboratoire, l’octocrylène est un ingrédient fréquemment utilisé par l’industrie cosmétique comme filtre de protection solaire. Si son efficacité contre les rayonnements UV a été largement démontrée, la communauté scientifique se questionne quant à son impact sur la santé humaine et la biodiversité marine.

D’où vient l’octocrylène ?

L’octocrylène est issu de la chimie dite « organique », une science qui étudie les molécules composées à partir d’atomes de carbone. Les composés organiques peuvent être naturels ou synthétiques. L’octocrylène relève de la seconde catégorie : il fait partie de la classe des esters carboxylique, obtenus par réaction chimique en laboratoire. Il se présente sous forme d’un liquide visqueux et incolore. 

Comment l’octocrylène agit-il contre les rayons UV ?

Grâce à son squelette carboné, l’octocrylène a la capacité d’absorber les rayons UV situés entre 280 et 320nm, des longueurs d’ondes courtes qui correspondent aux UVB (responsables des coups de soleil) et à une partie des UVA (responsables du vieillissement prématuré de la peau). En application topique, l’octocrylène absorbe ces rayonnements, protégeant ainsi la peau de leur nocivité. Composé très stable, son efficacité ne diminue pas au cours de l’exposition solaire et son caractère hydrophobe permet au produit qui en contient de ne pas se diluer dans l’eau. En outre, il possède un effet stabilisateur pour un autre composé de protection anti-UV, l’avobenzone, qui absorbe le spectre complet des UVA. Enfin, l’octocrylène, grâce à ses propriétés émollientes, participe au renforcement de la barrière épidermique et aide à lutter contre la déshydratation cutanée. Pour toutes ces raisons, ce composé est un ingrédient de choix dans la composition des écrans solaires organiques.

Première vague – La sécurité de l’octrocrylène en question

Au début des années 2000, une première controverse secoue l’industrie de la cosmétique solaire : l’octocrylène fait l’objet d’études scientifiques qui alertent sur sa potentielle dangerosité pour la santé humaine et la vie aquatique. Retour sur les raisons de cette polémique.

L’octocrylène : un allergène ?

La première allégation à l’encontre du composé concerne son potentiel allergisant : il est suspecté d’induire des allergies cutanées en lien avec l’exposition au soleil ou par simple contact. Si des cas d’allergies sont rapportés suite à l’utilisation de produits contenant la molécule, il semblerait que ce soit en fait la réaction de l’octocrylène avec un autre composé (le kétoprofène, un anti-inflammatoire) qui provoque une irritation cutanée transitoire. En clair, selon certains experts, l’octocrylène ne serait photosensibilisant qu’après application au même endroit d’un produit contenant du kétoprofène. Des cas d’allergies ayant cependant été recensés suite à l’utilisation d’octocrylène seul, le Comité Scientifique pour la Sécurité des Consommateurs (CSSC) classe la photoallergie et l’allergie de contact comme des « effets secondaire rares » du composé.

L’octocrylène : un perturbateur endocrinien ?

Par ailleurs, la molécule a été soupçonnée d’être un perturbateur endocrinien, c’est-à-dire d’interférer avec le système hormonal pour en déséquilibrer le fonctionnement. Les substances classées comme perturbateurs endocriniens sont notamment accusées de bouleverser le système reproductif et d’être à l’origine de phénomènes alarmants (stérilité, puberté précoce ou encore accouchements prématurés). Si les suspicions subsistent, l’octocrylène n’est, à ce jour, pas classé parmi les perturbateurs endocriniens par l’Organisation Mondiale de la Santé.

L’octocrylène : nocif pour la faune aquatique ?

L’octocrylène fait aussi débat chez les défenseurs de l’environnement. En effet, des études suggèrent que le composé pourrait avoir un impact négatif sur la biodiversité marine, notamment sur les récifs coralliens et dans une moindre mesure sur les crustacés et les micro-algues. Bien que la littérature ne permette pas de mettre en évidence de phénomène de bioaccumulation (capacité des organismes marins à absorber et à concentrer une substance externe), de l’octocrylène est retrouvé au sein des coraux et pourrait être à l’origine d’une dégradation de la faune marine. L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) mentionne que l’usage du composé étant relativement récent (une trentaine d’années environ), peu de données sont disponibles quant à sa concentration dans les eaux profondes ou peu profondes. L’INERIS rapporte que la substance, peu biodégradable, pourrait néanmoins s’accumuler dans l’environnement. L’octocrylène n’est à ce jour pas identifié comme une « priorité d’action » par les autorités environnementales.

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